Suppression de l’ASS : ce qui va changer pour les retraités

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Le 30 janvier dernier, le Premier ministre, Gabriel Attal, a annoncé la suppression de l’Allocation de solidarité spécifique, ou ASS. Versée aux demandeurs d’emploi qui arrivent au terme de leurs droits au chômage, cette prestation sociale permettait jusqu’alors de cumuler des trimestres retraite malgré la perte d’un emploi. Le RSA, moins avantageux, devrait remplacer l’ASS et pourrait bien impacter le budget des futurs pensionnés. Voici ce qui va changer pour les retraités.

Qu’est-ce que l’ASS ?

L’allocation de solidarité spécifique, ou ASS est une prestation sociale versée chaque mois à plus de 321 900 demandeurs d’emploi. Après avoir exercé une activité professionnelle pendant au moins 5 ans au cours des 10 dernières années, les personnes dont les droits au chômage arrivent à leur terme peuvent prétendre à cette pension solidaire versée par Pôle emploi.

Contrairement aux autres aides sociales versées par la Caisse d’allocations familiales ou la MSA, l’allocation de solidarité spécifique, qui indemnise de nombreux seniors en fin de droits qui attendent d’être éligible au versement d’une pension de retraite, comporte certains avantages.

Elle permet effectivement à ses bénéficiaires de cumuler des trimestres retraite et des droits à une pension complémentaire, sans qu’ils n’aient besoin de justifier de l’exercice d’une activité professionnelle.

Pourquoi Gabriel Attal évoque-t-il la suppression de l’ASS ?

Le 30 janvier 2024, le Premier ministre Gabriel Attal s’exprimait sur le sujet et évoquait la prochaine suppression de l’ASS, qui pourrait bien changer le quotidien de nos retraités. Pour expliquer son choix, l’État affirme vouloir lutter contre les « trappes d’inactivité » et aider les Caisses de retraite à réaliser des économies.

Un nombre de bénéficiaires de l’ASS en hausse

Car à l’heure où les demandeurs d’emploi subissent aussi la réduction de la durée de leurs droits au chômage, une hausse du nombre de bénéficiaires de l’ASS est à prévoir. L’allocation de solidarité spécifique, pour rappel, prend le relais de l’ARE lorsque les chômeurs ne sont plus éligibles à des indemnités journalières et la dernière réforme de l’Assurance chômage laisse à penser que davantage de chômeurs longue durée devraient être concernés par cette aide sociale dans les mois à venir.

Une suppression qui vise à produire des économies pour le système de retraite

Si cette prestation n’est pas supprimée, des dépenses supplémentaires devront être réalisées par les Caisses de retraite pour assurer aux demandeurs d’emploi en fin de droit des trimestres retraite offerts. Or, le Premier ministre préfère produire des économies pour le système de retraite français en remplaçant l’ASS par une autre aide sociale.

Quelle prestation sociale évoque le Premier ministre pour remplacer l’ASS ?

La suppression de l’allocation de solidarité spécifique sera prochainement remplacée par le revenu de solidarité active. Loin de priver les chômeurs longue durée de revenu, le Premier ministre préfère troquer une ASS un peu trop avantageuse en ce qui concerne les droits retraite, contre un RSA plus encadré. Si cette décision risque d’impacter le quotidien des bénéficiaires de cette aide sociale, leur avenir pourrait lui aussi être menacé.

Qu’est-ce que la suppression de l’ASS va changer pour les retraités ?

La disparition de l’ASS pourrait non seulement changer le quotidien de ses bénéficiaires qui seront désormais rémunérés par le RSA, mais aussi impacter fortement le budget des retraités. Il va sans dire que la mesure annoncée par Gabriel Attal intervient en partie car bon nombre de seniors perçoivent cette prestation Pôle emploi et qu’inciter ces derniers à la reprise d’une activité professionnelle avant qu’ils ne deviennent officiellement retraités est économique pour chacun.

Toutefois, si les chômeurs longue durée ne trouvent pas un emploi une fois arrivés en fin de droits aux indemnités Pôle emploi, les effets d’une indemnisation par le RSA laissent présager les changements qui suivent.

Des bénéficiaires privés de trimestres de retraite

Une fois bénéficiaires du revenu de solidarité active, les demandeurs d’emploi en fin de droits ne pourront pas continuer à cumuler de droits retraite. Les trimestres qui étaient jusqu’alors cumulés pendant une période de chômage longue durée disparaissent avec le RSA et une période passée sans emploi ne donnera plus droit à une pension de retraite avantageuse.

Des pensions de retraite plus faibles après la suppression de l’ASS

La suppression de l’ASS risque d’impacter fortement le budget des seniors arrivés en fin de droit puisqu’ils ne pourront désormais plus cumuler des droits pendant leur période d’inactivité. Chaque année, les bénéficiaires de cette aide pouvaient apporter jusqu’à 4 trimestres supplémentaires à leur cagnotte et s’assurer par conséquent une pension à taux plein plus rapidement et des ressources suffisantes une fois retraité. Désormais au RSA, ces derniers ne pourront plus bénéficier de ces avantages importants.

Un accompagnement plus poussé vers la réinsertion professionnelle

Pour pouvoir continuer à s’assurer des revenus assez conséquents à la retraite, les seniors et autres demandeurs en fin de droit, désormais indemnisés par le RSA, devront donc reprendre le chemin du travail. La réforme du revenu de solidarité active prévoit quelques nouvelles règles, qui visent à inciter davantage les bénéficiaires à retrouver un poste.

Un accompagnement plus poussé vers la recherche d’un emploi ainsi que des périodes d’activité obligatoires sont prévues pour aider les seniors à cumuler davantage de trimestres jusqu’à l’heure de liquider définitivement leurs droits retraite.

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