Existe-t-il une décote sur la pension de réversion ? Strictement parlant, non. Les caisses de retraite n’appliquent pas de minoration directe sur le pourcentage reversé au conjoint survivant, la réversion reposant sur un taux fixe appliqué aux droits du défunt. En revanche, si l’assuré décédé a subi une décote de son vivant, cette réduction affecte indirectement et définitivement la base de calcul de la réversion. Par ailleurs, des abattements liés à vos ressources personnelles ou des mécanismes d’écrêtement peuvent ajuster la prestation finale.
Condition préalable indispensable :
Seul un mariage civil donne droit à la prestation. À ce titre, la pension de réversion et le PACS demeurent incompatibles, tout comme la réversion et le concubinage qui excluent d’office le partenaire survivant.

Existe-t-il une décote directe sur la pension de réversion ?
Chaque régime de retraite applique un pourcentage de réversion fixe sur les droits acquis par l’assuré décédé.
| Régime de retraite | Taux de réversion | Conditions majeures |
| Régime général (CNAV / CARSAT) | 54 % de la retraite de base | Dès 55 ans, sous plafonds de ressources |
| Complémentaire Agirc-Arrco | 60 % des points accumulés | Dès 55 ans, sans condition de ressources |
| Fonction publique (SRE / CNRACL) | 50 % de la pension de base | Dès l’âge légal de la retraite (ou sans condition d’âge sous critères familiaux/durée), sans condition de ressources |
Bien que la réversion n’applique aucune décote directe au conjoint survivant, deux situations peuvent influer sur le montant perçu :
- La retraite minorée du défunt : Un départ en retraite avant 67 ans sans la totalité des trimestres entraîne une décote définitive sur la pension de base de l’assuré. La caisse calcule donc initialement les 54 % de réversion sur une prestation déjà réduite. Cette minoration reste définitive, sans aucun recalcul aux 67 ans du conjoint survivant.
- Le décès d’un assuré en activité : Si l’assuré décède avant la retraite, la caisse calcule une pension théorique. La caisse écarte toute décote liée à l’âge du décès. Elle calcule la pension sur la base du taux plein, ajustée au prorata des trimestres accumulés.
Calcul de la réversion : Taux plein et proratisation
Au régime général, la pension de réversion s’appuie sur les droits de l’assuré, mais deux mécanismes distincts influencent le résultat : le taux (fixé à 50 % pour le taux plein) et la proratisation (le rapport entre les trimestres cotisés et requis).
💡 Clarification : Ne confondez pas le taux de 50 % et le taux de 54 %
- Le taux plein de 50 % (retraite du défunt) : Il sert à déterminer la pension théorique de l’assuré (50 % du salaire annuel moyen). La caisse garantit ce taux sans décote en cas de décès avant la retraite ou d’AT/MP.
- Le taux de réversion de 54 % (part du conjoint) : C’est le pourcentage appliqué sur la pension théorique ou réelle du défunt pour calculer le montant versé au conjoint survivant.
Remarque : La neutralisation de la décote garantit le taux de 50 %, mais n’annule pas la proratisation liée à la durée d’assurance (trimestres cotisés / trimestres requis).
Décote et proratisation : comparaison selon la situation du défunt
| Situation du défunt au décès | Taux retenu pour la base | Décote appliquée au calcul de la réversion ? | Proratisation appliquée ? |
| Retraité décédé avec décote | 54 % de la pension réelle perçue | Oui (Définitive). La décote subie par le retraité réduit de fait la base. Elle ne sera jamais neutralisée, quel que soit l’âge du conjoint survivant. | Oui. Déjà intégrée dans le calcul initial de la pension du défunt. |
| Non-retraité, décès avant 67 ans | 54 % de la pension théorique calculée au taux plein (50 %) | Non. La décote liée à l’âge du décès ne s’applique pas au défunt non-retraité. | Oui. Au prorata des trimestres réellement cotisés par le défunt par rapport à la durée requise. |
| Non-retraité, décès à 67 ans ou plus | 54 % de la pension théorique (au taux plein de 50 %) | Non. L’application du taux plein est automatique à partir de 67 ans lors de la liquidation fictive de ses droits. | Oui. Proratisation selon le nombre de trimestres validés par le défunt. |
🧮 Formule de calcul de la réversion (CNAV)
Cas spécifiques d’exonération de décote
Certains régimes et situations particulières permettent d’échapper à toute minoration théorique sur le taux de base de la pension du défunt (le taux plein automatique) :
- Inaptitude au travail et invalidité (Régime général) : Si l’assuré décédé avait obtenu sa retraite pour inaptitude au taux plein ou s’il était titulaire d’une pension d’invalidité, le taux plein de 50 % lui est attribué d’office. La caisse calcule alors la réversion de base (54 %) sans appliquer la moindre décote liée à l’âge ou aux trimestres manquants du défunt.
- Décès lié à un accident du travail ou une maladie professionnelle (AT/MP) : La caisse accorde d’office le taux plein de 50 %, annulant ainsi toute décote liée à l’âge. En revanche, la proratisation selon la durée de carrière s’applique toujours : le montant final reste calculé en fonction du nombre de trimestres réellement validés par rapport au nombre de trimestres requis. Seuls les trimestres d’âge manquants sont neutralisés, non la durée d’assurance.
- Spécificités de la Fonction publique (SRE / CNRACL) : Une distinction cruciale doit être faite selon le statut de l’agent au moment du décès pour les ayants droit d’une pension de réversion de la fonction publique (SRE) ou d’une pension de réversion CNRACL :
- Décès en activité : La décote est totalement inexistante. La caisse attribue directement le taux plein de 50 % à la pension théorique et élimine ainsi toute décote.
- Décès en retraite : Une retraite liquidée avec une décote impacte définitivement la réversion. La caisse calcule la pension à hauteur de 50 % de la prestation réelle, déjà minorée, du fonctionnaire décédé.
Écrêtement de la pension de réversion et plafond de ressources
Le calcul théorique fixe une base. Vos ressources personnelles déterminent ensuite le montant réel de votre pension
Plafond de ressources au régime général
Le régime général fixe un plafond annuel de ressources. Si l’addition de la réversion et de vos revenus à déclarer pour la réversion (revenus professionnels, autres retraites, patrimoine imposable) franchit ce seuil, la CARSAT applique un écrêtement différentiel euro pour euro : la pension est réduite à hauteur du dépassement.
- Personne seule : 25 001,60 € / an
- Personne en couple : 40 002,56 € / an
Si vous constatez un dépassement du plafond de réversion, la caisse réajuste la prestation à la baisse pour que le total de vos ressources ne dépasse jamais la limite légale.
Le cas d’une nouvelle union (Remariage, Pacs, Concubinage)
Au régime général, refaire sa vie ne supprime pas le droit à la réversion de base. En revanche, votre nouveau statut marital modifie la règle : en cas de remariage, Pacs ou concubinage, la CARSAT ajoute les revenus de votre conjoint et bascule votre plafond sur le barème « en couple » (40 002,56 €).
À l’inverse, si vous vous demandez quelles sont les règles sur la pension de réversion et le remariage au régime complémentaire, sachez qu’une nouvelle union officielle (mariage) entraîne la suppression définitive et irréversible des versements.
Régime complémentaire Agirc-Arrco : un calcul spécifique en points
En complément de la retraite de base, la pension de réversion s’applique également au régime complémentaire des salariés du secteur privé. Contrairement au régime général, l’Agirc-Arrco ne fonctionne pas en trimestres, mais en points. Pour mieux comprendre le calcul et le versement de la pension de réversion Agirc-Arrco, sachez qu’aucun plafond de ressources n’est appliqué.
Exemple de calcul Agirc-Arrco :
Si le défunt a accumulé 10 000 points, le conjoint survivant perçoit 60 % de ce total, soit 6 000 points. Avec la valeur du point Agirc-Arrco fixée à 1,4386 €, la réversion complémentaire s’élève à 8 631,60 € bruts par an (719,30 € par mois).
Démarches : comment faire sa demande ?
L’attribution d’une pension de réversion n’est jamais automatique. Vous devez obligatoirement en faire la demande formelle auprès des organismes de retraite.
- Guichet unique en ligne : Vous pouvez directement déposer votre dossier centralisé via la plateforme officielle Info-Retraite.fr. Une seule démarche dématérialisée suffit pour transmettre vos justificatifs et votre demande à l’ensemble des régimes (de base et complémentaires) auxquels le défunt a cotisé au cours de sa vie.
- Délai d’envoi et rétroactivité : Il est primordial de surveiller de près le délai de dépôt du dossier de réversion. Vous devez soumettre votre demande dans les 12 mois suivant le premier jour du mois qui suit le décès. Dans ce cas, la caisse garantit l’effet rétroactif au mois suivant le décès. Au-delà d’un an, elle verse la pension uniquement à compter de votre demande et annule définitivement les arrérages passés.





